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Coup de cœur

I am Stramgram

album dans les bacs le 19 janvier et en concert le 12 mars à la Boule Noire

I am Stramgram

Crédits photo  —  Rod Maurice

Adeptes des berceuses boisées et des comptines pop sirupeuses, passez votre chemin. Le songwriter bordelais Vincent Jouffroy n’est pas du type à verser dans la folk pour barbus coureurs des bois. Chez lui, les essences de palissandre se mélangent au métal des machines pour des plongées intérieures et industrieuses. Ses nuits sont blanches, fondues au noir, jamais confortables. Au chapitre des influences, on cite régulièrement Arcade Fire pour les pétards rock, Bon Iver et Fleet Foxes pour le versant néo-folk naturaliste, Radiohead et Sufjan Stevens pour les digressions électro-folk. Alors, I Am Stramgram ? Ce n’est ni de la marelle ni de la musique à Mickey, mais des sauts de cordes entre répertoires pour des jeux non interdits.
En novembre 2016, le compositeur défrayait la chronique avec la sortie d’un E.P., No Incoming Sound, remarquable tout à la fois de simplicité et d’inventivité. Une patte, déjà : une "pop lunatique", comme il la qualifie lui-même, tricotée via des arpèges acoustiques, des boucles électro et des mélopées minimalises. Des accalmies et des avis de tempête, des chutes et des élans, la vie, la mort, le tout en trois-quatre minutes, le temps d’un morceau.
Membre du Collectif du Fennec - Jouffroy a officié au sein des groupes My Ant et Girafes -, la bestiole bordelaise a depuis roulé sa bosse, glané quelques récompenses (lauréat du tremplin Ricard S.A Live Music) et imposé sa griffe. D’ailleurs, dans ce premier album, intitulé Tentacles (Smile Records/La Baleine), il les sort pour durcir le propos et se faire le cuir. Réveiller la bête. Déchirures de distorsions sur arpèges folk slow-tempo (à l’image de l’envoûtant "Underwater Tank"), beats électro et boucles mélanco, larsens et vagues de violons, lézardes de saturation et chants cathartiques, sans oublier ce penchant pour les horizons sous forme de crescendos… I Am Stramgram dépoussière le genre et ne vous souhaite pas "bonne nuit, les petits".

—  Ben

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