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Inspecteur Lylo

Republica Ideal de Acapulco

Sulfatage universel

Republica Ideal de Acapulco

"Assis !”
Le concert à peine commencé, les spectateurs s’agacent contre les dictateurs des premiers rangs qui ont le bassin qui démange. Pas de round d’observation, c’est tristement d’actualité. Café de la Danse, mercredi 26 avril. Dix degrés dehors, fournaise à l’intérieur, Republica Ideal de Acapulco promet quelques fièvres latines pour dégivrer le mercure. Du "nu exotica", affirment ces Républicains d’un autre genre, un fruit exotique, limite défendu, mais pas de saison. Le Café de la Danse n’a jamais aussi bien porté son nom : ça s’emballe salsa dès les premières mesures, heureusement les sièges ont été enlevés pour agrandir la fosse, seules trois rangées de strapontins, rapidement pris d’assaut, dominent la mêlée. Rangs d’oignons au royaume de la banane, on rêve d’effeuillage.
Évidemment, quand la plèbe de devant, chavirée dès le premier titre, se lève pour bouger du popotin, ça gueule plus rapidement qu’une clave cubaine. Même musicale, une République n’est jamais idéale. Ces couacs rappellent les larsen de la présidentielle : dans la journée, Macron et Le Pen se sont tirés la bourre sur le site de Whirlpool, à Amiens. Ce soir, Nicolas Repac et Yaïté Ramos Rodriguez ferraillent de concert. Aux États-Unis, on évoquerait un ticket gagnant : Repac, le compositeur en creux, guitariste-impressionniste aux six-cordes armées de silencieux. A ses côtés, la "Dame Blanche", flûtiste et souffleuse de braises hip hop, cumbia, dancehall etc. Derrière eux, un orchestre à cordes, cuivres et percussions, des insoumis sans consignes de notes. Mambo, cha cha cha, bolero… Les Idéalistes nous plongent avec ferveur et volupté dans les rythmes latins des orchestres d’avant-guerre, des pochades exotiques de la "Bombe brésilienne" Carmen Miranda aux refrains endiablés du "Barbare du mambo" cubain, Benny Moré. Evitant l’écueil du flashback moisi, les musiciens-roseaux d’Acapulco dynamitent les casas de la música, chères aux touristes aussi souples qu’un tronc de chêne. Au bout de quelques minutes, la foule chamallow a définitivement voté pour les jeux de bassin et les pas de deux en isoloir. A chacun son strapontin.

—  Youri

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