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Festival MOFO

Rock — du 21 au 23 avril 2017 à Mains d'Oeuvres

Concours terminé

MOFO, le monstre merveilleux
"Le plus petit des grands festivals". Voilà un événement­ qui porte bien son nom. Vingt groupes en trois jours, mélangeant têtes d’affiche et talents émergents, tous styles confondus, un village d'irréductibles mélomanes (stands de labels, ateliers divers) et même une cantine rock ! En pleine bataille avec la municipalité qui tente de la déloger, l'équipe de Mains d’Œuvres, incontournable espace de création de Saint-Ouen, sort les griffes avec une 13ème édition qui a fait peau neuve. Blandine Paploray, responsable de communication, nous ouvre les portes de ce festival 100% indé.
par Milo Green

Comment est né le MOFO festival ?
A ses débuts, en 2001, l'événement s'appelait l'Anti-folk festival et avait été initié par Herman Düne, un duo qui était en résidence à Mains d’Œuvres, et qui voulait lancer un événement sur les esthétiques folk indé. Au bout de deux ans, le projet a un peu évolué face au succès : d'un festival spontané, l'Antifolk est devenu le MOFO - pour "Mother Folk", "Mains d’Œuvres Folk" ou "Mother F..." selon l'humeur (rire) -, il s'est agrandi et s'est ouvert à d'autres styles de musique, comme la pop et le rock. Notre idée était de défendre les jeunes créateurs en les mêlant à des locomotives, de programmer des groupes auxquels nous croyions et de leur permettre de bénéficier d'une véritable visibilité sur la scène indé.

Pourquoi Mains d’Œuvres, qui a énormément d’activités parallèles, s’est lancé-t-il lancé dans cette aventure ?
C'est vrai que c'était une charge supplémentaire d'organiser un festival de trois jours alors que nous remplissons bien d'autres missions, et ce contrairement aux gros festivals qui planchent toute l'année sur leur événement. Mais notre rôle au quotidien étant d'accompagner la jeune création, le MOFO devient ainsi un coup de projecteur sur notre travail et nos artistes, comme Rebotini qui fut résident pendant plusieurs années. Actuellement des groupes comme Grand Blanc et Onze Onze sont dans nos murs.

Le fait d’être situé en banlieue est-il un désavantage pour déplacer les foules ?
Pas du tout ! Les mentalités ont beaucoup chan-gé sur ce sujet. Les gens se disent qu'en venant en banlieue, ils bénéficieront d'une autre ambiance, propre à cet espace de 4000 m2. Les grandes structures parisiennes sont plus institutionnelles, alors qu'à Mains d’Œuvres, lors du MOFO, on leur propose une aventure, une sorte de parcours dans les divers espaces du lieu : ils peuvent circuler sur quatre niveaux, flâner au village pour chiner des disques sur les stands de vinyles, participer aux nombreux ateliers, se restaurer à la cantine 100% rock (burgers bios, muffins etc.), et ce sans marcher des kilomètres.

Vous qualifiez le MOFO de "plus petit des grands festivals". Pourquoi ça ?
Je tiens beaucoup à cette formule car, pour avoir couru énormément de festivals, ce que j'aime au MOFO, c'est qu'il reste à taille humaine ; il y a une proximité constante entre les artistes et le public, ce que l'on ne retrouve pas dans les grand-messes estivales par exemple. Chez nous, les spectateurs peuvent circuler librement sans se marcher dessus et croiser régulièrement les artistes qui doivent traverser le bâtiment pour aller de leurs loges aux salles de concert, au restaurant, au village... Tout le monde vit dans la même maison !

En 2014, Télérama écrivait que "Le MOFO, c’est un peu l’anti-Pitchfork festival." Qu’en penses-tu ?
C'est assez juste. Il s'agit de deux événements aux lignes artistiques assez proches, mais avec deux bourses à l'opposé et des ambiances très différentes..

Quel est le budget de ce festival "100% indé" ?
28 000 euros d’artistique, pour un budget festival de près de 90 000 euros (30% artistique, 30% communication/technique, 30% personnel). Le financement est en effet totalement indépendant (billet- terie, bar, sociétés civiles, mécénat), même si Mains d'Œuvres reçoit des subventions dans le cadre de sa mission annuelle (à hauteur de 40% de son budget total). On espère obtenir les petits coups de pouces de nos partenaires historiques..

Vous dites que la 13ème édition fait peau neuve, c’est-à-dire ?
Nous avons d'abord changé de programmateur, c'est une belle histoire qui illustre notre rôle d'accompagnateur à la fois des artistes mais aussi des professionnels du secteur : nous avons fait appel à FX Levieux du festival Vie Sauvage et Océan Climax, qui a fait ses premières armes à Mains d’Œuvres en tant que stagiaire du production. Depuis, il a fait son chemin et, quatre ans après son passage chez nous, nous l’avons rappelé pour lui laisser les clés de la programmation. Il y a sa patte sur cette nouvelle édition à travers ses choix artistiques dans une veine plus pop et électro, à l'image de Barbagallo et Fujiya & Miyagi, moins rock garage que les éditions précédentes.

Vous proposez une affiche très éclectique. N’est-ce pas risqué à l’heure où la musique se compartimente de plus en plus de proposer une sorte de pot pas pourri, dans lequel on met tout dedans ?
On met tout dedans, quelle formule ! (rire) En plus, l'une des originalités du festival, c'est que nous ne dévoilons pas les horaires de passage. Car nous voulons que les spectateurs profitent de tous les ar-tistes programmés chaque jour, de 18h à minuit, qu'ils puissent se laisser surprendre par l'un des six artistes du jour, découvrir tel jeune groupe en attendant la tête d'affiche. Nous jouons la carte de la curiosité.

La griffe de FX
FX Levieux nous détaille sa programmation :"Mon but était de mélanger artistes en développement (Faire, Oko Ebombo), groupes en transition (Aquaserge) et des têtes d’affiches bien installées (Arnaud Rebotini, Grand Blanc). Les artistes internationaux comptent aussi beau-coup, je suis fier d’inviter The Luyas ou Fujiya & Miyagi, j’attends ces groupes depuis des années ! Mes "trouvailles" ? Pour le live, je dirais Black Devil Disco Club, découvert en 1ère partie de Todd Terje. Son live est vraiment décalé, dansant, parfait pour les fins de soirées. Pour le côté créatif, ce serait Jacques & Gain : Centre National de Recherche du Vortex (en photo). Nous avons coproduit (avec Alice Giudicenti) la première version du Vortex au Palais de Tokyo, une date assez incroyable, ils sont allés très loin dans le concept !"

Mains d’Œuvres vs mairie : le MOFO montre les crocs
Après deux années d'arrêt, suite à un redressement judiciaire, aujourd'hui terminé, Mains d’Œuvres relance la machine MOFO, alors qu'il se bat contre la municipalité pour continuer à exister.
"La municipalité (dirigée par William Delannoy, UDI, ndlr) compte nous déloger pour accueillir un conservatoire, alors qu’il a plein d’autres jolis endroits pour le faire dans la ville et que, surtout, nous avons beaucoup travaillé et investi pour que ce bâtiment-là soit un outil opérationnel pour tous les jeunes créateurs. L’association avait réinvesti et réhabilité ce bâtiment en 1998, un ancien Centre social et sportif des usines Valéo ; nous risquons de nous retrouver à la porte, les salariés comme tous les artistes et les spectateurs qui fréquentent Mains d’Œuvres, mais nous n’avons pas l’intention de nous laisser faire. Ce lieu fait partie de l'histoire de Saint-Ouen, il est emblématique d’une page des politiques culturelles (les nouveaux territoires de l’art). Pourquoi vouloir le fermer au prix d'une casse sociale ? Il faut rappeler que nous ne coûtons rien à la municipalité depuis 2014, plus aucune subvention. Pour un loyer à un euros, nous faisons vivre le quartier et contribuons à son développement économique au quotidien. Bref, nous voulons lui montrer que Mains d'Œuvres est un véritable moteur de la ville, en développant la culture locale et en créant du lien social, dans l'espoir de lui donner envie de nous suivre. Pour cette édition, nous avons choisi le tyrannosaure comme mascotte, une manière de rappeler que Mains d'Œuvres, qui existe depuis 17 ans, est le dinosaure des friches artistiques, et qu’il est toujours en forme !"

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