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30th birthday ! : Les Nuits de la Guitare de Patrimonio

du 20 au 27 juillet, Haute Corse

30th birthday ! : Les Nuits de la Guitare de Patrimonio

30ème édition de ce festival de magiciens de la six-cordes. Comme chaque année, l’équipe du directeur Jean-Bernard Gilormini a concocté un plateau décapant, mêlant premières parties 100% guitares et tête d’affiches internationales, démontrant au fil des ans que les Corses ont plus d’une corde à leurs guitares. A l’affiche : Marcus Miller & Selah Sue (21 juillet) en exclusivité à Patrimonio ; Juan Carmona et Kendji Girac (22) ; Yamandu Costa & Vincent Peirani et Thomas Dutronc & Les Esprits Manouches (24) ; soirée rock anglais avec Glenn Hughes et les Stranglers (25) ; Trois Cafés Gourmands le 27, en attendant la programmation définitive.
Jean-Bernard Gilormini revient sur ces trente dernières années.

Fêter ses trente ans est devenue une chose extrêmement rare pour un festival, surtout lorsqu’il est majoritairement autofinancé. Comment fais-tu pour réussir à relever ce défi chaque année ?
Il faut avouer que nous sommes un peu inconscients, mais c’est la passion qui nous fait avancer, les bénévoles et l’équipe de direction. Je ne te cache que j’ai parfois pensé à tout arrêter parce que c’est chaque année plus en plus difficile : nos aident diminuent et nous ne nous sentons pas spécialement soutenus… Mais les Nuits de la Guitare, c’est une famille, comment arrêter cette belle aventure ?

En trente ans, qu’est-ce qui a le plus changé dans l’univers des festivals ?
Les budgets sont de plus en plus lourds à supporter, notamment celui de la sécurité et les cachets des artistes, qui ont été multipliés par trois ! Je prends l’exemple de Robert Plant que l’on m’a proposé cette année, car l’artiste, qui était déjà venu il y a une dizaine d’années, souhaitait revenir, quitte à baisser son cachet : depuis son premier passage il y a environ dix ans, l’enveloppe a été multipliée par 2,5 ! Nous ne pouvons pas suivre, à moins de mettre le billet à 120 euros… Ce n’est pas notre philosophie. Quand on ne faisait que de la guitare - époque bénie du festival -, nous avions affaire à des agents sympathiques, mélomanes, dont certains pratiquaient eux-mêmes l’instrument, non à des marchands de saucisson. Les rapports étaient excellents, amicaux ; aujourd’hui, c’est un business plus compliqué.

Quelle est ta plus grande fierté sur ces trente dernières années ?
Je n’emploierais pas ce terme, mais celui de plaisir, le bonheur d’avoir pu réaliser certains de mes rêves, en accueillant dans ce petit village ces artistes qui m’ont fait rêver, les Paco de Lucia, Al di Meola, John McLaughlin, George Benson, Jeff Beck, dont le premier passage aux Nuits de la Guitare reste l’un de mes plus beaux souvenirs. Sans oublier les découvertes, ces premières parties guitare qui font le sel du festival. Tout cela me touche plus que la programmation des Deep Purple, Joe Cocker, Simple Minds, ces mastodontes qui, malgré tout leur talent, me transportent moins.

Une déception ?
Buddy Guy, qui a été odieux avec l’équipe du festival. Je l’avais invité durant l’époque des grands bluesmen, ces artistes généreux et adorables, qui ramenaient du monde et qui donnaient tout sur scène. Buddy Guy, lui, nous a cherché des poux pour une bouteille de Cognac d’une certaine marque, qu’on a trouvée nulle part sur toute la Corse et même dans la région niçoise !

Un dernier mot sur cette édition anniversaire ?
L’été dernier, nous avions invité le guitariste-chanteur brésilien João Bosco, j’étais en lévitation ! L’agent de Hamilton de Holanda, qui jouait le même soir, m’a conseillé d’écouter un jeune guitariste, Pedro Martins. Je suis donc parti à sa recherche et suis tombé sur la vidéo de l’un de ses concerts au Choro Jazz Festival, où il joue avec un jeune bassiste exceptionnel, Michael Pipoquinha. Ces deux-là sont hallucinants ! (voir vidéo plus bas). Ils seront présents le 21 juillet (en quatuor), en première partie du duo entre Marcus Miller et Selah Sue, dont le duo fonctionne à merveille (seule date française cet été, ndlr). Pour fêter ces trente ans, nous avons aussi prévu de rajouter un troisième artiste certains soirs, comme Luis Salinas lors de la soirée du 24 juillet, qui affiche déjà Yamandu Costa et Vincent Peirani, deux démons !, et Thomas Dutronc et Rocky Gresset. Que faire de plus ?

—  Propos recueillis par Ben

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