L'Angora

Il y a quelques jours nous étions à lʼAngora, pour la carte blanche à Rouge Gorge. Cʼétait encore lʼune de ces jolies soirées parisiennes comme on les aime, pleine de surprises et de belles rencontres. Nous avons donc décidé dʼy retourner pour discuter avec Philippe, le programmateur, ravi de partager sa passion pour la musique et ses coups de coeur avec nous.

Comment définiriez-vous votre lieu ?

Nous sommes situés en plein coeur de Bastille, avec une salle de quarante places en haut, en plus de la salle du bas. Le bar est né il y a cinq ans de l’idée de créer un lieu familial et qui propose de la musique tous les jours. Dès le début nous avons opté pour une programmation éclectique et un mélange des genres. Jean-Michel, qui est à l’origine de l’Angora, était plutôt proche du milieu de la chanson. Il a notamment ramené des gens du Connétable parmi lesquels Pierre Henri, qui ont pris possession de la salle et repris des choses qu’on aimait bien au niveau de la programmation. Quant à moi j’ai apporté un côté plus alternatif, nous avons par exemple travaillé avec le Cercle Pan qui avait un squatt à République. Nous avons commencé à organiser ce qu’on appelait des Cavalcades, où tous ces artistes venus de milieux très différents venaient jouer, une fois tous les deux mois. Le principe était d’annoncer tous les artistes mais sans horaire de passage, pour favoriser la découverte et la surprise. On a démarré comme ça sur un coup de tête, et ça a très bien marché.

Sur quels principes établissez-vous votre programmation musicale ?

L’Angora est un lieu extrêmement ouvert, très varié sur les styles. Notre but est d’essayer de surprendre le public et de favoriser les rencontres. Nous avons pour cela une programmation très éclectique. J’essaie de programmer des projets qui aiguisent ma curiosité. C’est ce qui crée des choses assez étonnantes et des programmations croisées. Les gens viennent pour ce côté bric à brac, y compris de générations.

Pour ce qui est de la salle du bas dans laquelle nous organisons des concerts tous les dimanches, nous programmons des choses un peu plus faciles d’accès, mais nous essayons là aussi d’être surprenants. J’aimerais aussi développer des programmations sur une semaine, autour d’un style de musique ou d’une thématique.

Par ailleurs c’est un bon tremplin pour les artistes qui viennent de sortir un album et veulent le rôder ou faire une date publique avant de démarrer une tournée. J’accorde une grande place aux projets nouveaux et en devenir.
D’une manière générale les artistes ont une grande liberté. Nous mettons la salle du haut à leur disposition, pour qu’ils se l’approprient et l’utilisent comme ils ont envie. L’Angora a ceci de très spécifique qu’il est un endroit propice aux rencontres et où les gens se sentent libres et chez eux. C’est une salle où les gens ont envie de jouer et savent qu’ils sont bien accueillis.

Si vous deviez choisir un concert dans les semaines à venir, lequel recommanderiez-vous particulièrement ?
Prochainement je recommande Jesus Volt (rock), Klaxon (salsa cubaine), ou encore Ginger Stompers (swing 30’s). Sans oublier les jam sessions blues un dimanche sur deux.

—  Propos recueillis par Inès

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Angora Bar

3 boulevard Richard Lenoir Paris 11e

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