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Coup de cœur

Tony Allen à la Gaîté Lyrique

le 11 avril 2015

« Moving on ». Avancer, se réinventer, tel est le credo du dernier père de l’afrobeat, cet explosif mélange du highlife de l’Afrique de l’Ouest, du calypso et du jazz des big bands américains. Avec le « Black President » Feka Kuti derrière le micro, et Tony, assis derrière ses fûts, l’Afrique allait changer de cap. Ces deux-là créèrent la bande-son de l’indépendance des pays africains dans les années 50. Le génial batteur de Fela révolutionna le jeu de batterie en utilisant la charleston ouverte, à l’image d’un Max Roach, mais adapté aux divers répertoires, à toutes les couleurs du continent noir. Dans son dixième album, Film of Life (Jazz Village/Harmonia Mundi), Tony l’alien propose une bio résumée de sa riche carrière et de ses incessantes pérégrinations dans la fièvre du bop et du funk, des mélopées de la soul et des nappes électro-pop. Qu’il chemine avec les Jazzbastards (collectif de jazzmen français producteur de cet album), avec l’inclassable Damon Albarn, son compère d’explorations musicales, ou encore avec le chanteur nigérian et ex-soldat américain Kuku, surnommé l’ « Homme médecine de la musique africaine », l’artiste de 75 ans ne s’arrête jamais. Pour preuve, il vient de sortir deux nouveaux remixes avec le duo de DJ germano-chilien Ricardo Villalobos et Max Loderbauer (« Africa Man ») et le Londonien Fort Romeau (« Go Back ») pour démontrer, s’il en était encore besoin, que sa musique a beau être gravée, elle n’est jamais figée. Le sorcier de Lagos, qui ne jure que par le rythme et la pulsation, défie le temps.

—  Youri

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