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Paris prend l'eau

Enquête sur les barges musicales

Paris prend l'eau

Crédits photo  —  Jean-Paul Dicot

Barges musicales, péniches-concerts, boats à bpm, guinguettes éphémères... Les coquilles-concerts de choix ne manquent pas, mais dans la timonerie, parfois, la croisière ne s'amuse pas.

L'été, touristes et Parisiens n'ont qu'une envie, c'est de s'envoyer en... mer. Bateau El Alamein, Batofar, Dame de Canton, péniches Antipode, Flow, Lärme, Marcounet, Nuba, Petit Bain, Rosa Bonheur-sur-Seine, Wanderlust... De plus en plus de salles flottantes (une vingtaine à Paris et banlieue) ouvrent leurs cales à tous ceux, spectateurs et musiciens, ayant le pied marin. En septembre, Renaud Barillet, président du MAP et gérant de diverses salles de concerts (Bellevilloise, Petite Halle etc.), amarrera une nouvelle péniche-spectacles, les Docks de la Bellevilloise, sur les quais de Pantin. Le monde de la nuit tangue joyeusement et concurrence Costa Croisières.

Vogue la galère

Avoir les pieds sur terre ou dans l'eau, qu'est-ce que ça change ? Des changements d'horizons, comme l'explique Fanny Delacroix, responsable de la communication du Batofar : "En 1999, le bateau a été conçu comme une Arche de Noé, qui proposait à la fois de la diffusion et de la résidence de création pour différents artistes (musique, architecture sonore, image, plastique etc.), tout en drainant l’imaginaire du bateau : le voyage, la découverte, l’ouverture d’esprit…". Quelques traversées à la rame aussi, à l'image du combat de la regrettée Geneviève Tuduri, propriétaire du Bateau El Alamein, afin d'obtenir le passage devant la commission d'homologation de son bateau : début 1996, après des mois de tracasseries administratives, elle entamait une grève de la faim devant les bureaux du Port autonome de Paris et obtint gain de cause. En plus des obligations légales relatives aux salles terrestres, il faut se plonger dans les dossiers de construction navale (résis­tance structure et flottabilité), crawler derrière les sésames administratifs (immatriculation du bateau, titre de navigation), budgéter l'entretien du rafiot (sorties en cale sèche obligatoires) et l'augmentation des loyers aquatiques, comprenez des lieux d'amarrage, "de plus en plus chers car très demandés, et les emplacements doivent être alimentés en eau potable, en électricité, sans oublier le tout-à-l’égout", explique Lise Coquerel de la Péniche Antipode.

Evidemment, pas question de construire à même le site, il faut bien réfléchir au convoyage et avoir quelques notions de mathématiques : "On avait besoin de 120 tonnes de lest pour enfoncer le bâtiment de 30 cm. Au final, le Flow est passé sous le pont le plus bas pour seulement 8 cm… Frisson garanti !", cauchemarde encore Laurent Malvaldi, l’un des associés du Flow. Un conseil aux tourneurs-moussaillons ? "Bannir certains gestes comme par exemple s'amuser à percer tous les murs pour accrocher des objets, on ne sait jamais, il y a peut-être un fleuve de l'autre côté…". Autre écueil titanesque à éviter : "Ne pas respecter les limitations de jauge", s'amuse Arnaud Séité, directeur de la péniche Marcounet.

Terrasse du Bateau El Alamein

Chalut les copains

Dans les backstages... pardon les salles des machines, on lutte contre le courant, après des balances qui portent bien leur nom. Mal de mer, noyades, est-il dangereux d'aller danser sur ces barges musicales ? "Non, c'est plutôt fun de se sentir bercé dès qu'un bateau passe. Je n'ai jamais eu d'incident lors d'un concert, mais une personne est tombée à l'eau lors d'une soirée privée. Heureusement, cela s'est bien terminé", avoue Arnaud Seité. Au Batofar, pas d'homme à la Seine non plus, c'est plutôt au sommet du phare que certains tentent de se faufiler... "Pour preuve, on y a déjà retrouvé des petites culottes", avoue Fanny Delacroix.

Alors, pourquoi s'embarquer dans une telle galère ? "Pour le charme bucolique des cygnes et des oiseaux, qui viennent manger sur le ponton, ou la visite du héron de bon matin", s'enthousiasme Lise Coquerel, avant de pointer "le plaisir d'avoir une scène qui peut se mouvoir au gré des flots. La proximité de l’eau se révèle dépaysante et magique... même s'il est arrivé une année que nous ne puissions pas déplacer le bateau, la coque étant bloquée par la glace..." Des barges peut-être, mais avant tout musicales.

Un article à retrouver dans notre magazine d'été.

—  Pauline Savatier & Ben

En savoir plus

Bateau El Alamein

Quai François Mauriac Paris 13e

Le Batofar

Port de la Gare, quai François Mauriac Paris 13e

La Dame de Canton

Port de la Gare Paris 13e

Péniche Le Marcounet

Quai de l'Hôtel-de-Ville, sous le Pont Marie Paris 4e

Péniche Antipode

55 quai de Seine Paris 19e

Petit Bain

7 Port de la Gare Paris 13e

Le Wanderlust

32 quai d'Austerlitz, Cité de la Mode et du Design Paris 13e

Nuba

36 quai d'austerlitz Paris 13e

Rosa Bonheur sur Seine

Port des Invalides Paris 7e

Le Flow

4 Port des Invalides Paris 7e

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